mardi 30 octobre 2007

Béatification honteuse


Dimanche 28 octobre 2007 plusieurs milliers de fidèles ont assisté place Saint Pierre de Rome à la béatification de 498 « martyrs » de la guerre civile espagnole par le pape Benoît XVI. Il s’agit d’honorer la mémoire des religieux tués dans la zone républicaine entre 1936 et 1939. L’historiographie de la guerre civile a ainsi comptabilisé 6 832 religieux assassinés de juillet à décembre 1936.

Cet acte religieux a déclenché une polémique en Espagne, car il s’effectue en plein débat sur la loi de la mémoire historique devant être votée au Parlement ce mercredi, qui a pour but de réhabiliter la mémoire des victimes de la guerre civile et de la répression franquiste. Le hasard du calendrier est plus que douteux, même si l’Eglise se défend de toute attaque contre le projet du gouvernement socialiste, en se disant pour la « réconciliation nationale ».

Belle réconciliation en effet que de béatifier les victimes des Républicains et de ne pas reconnaître son rôle dans la guerre au côté de Franco et des rebelles. Il faut rappeler que l’Eglise espagnole se rangea officiellement dès le début de la guerre du côté des rebelles. Mais surtout l’Eglise espagnole n’a jamais rien dit de la répression dont fut victime le clergé basque. Ce dernier se retrouva aux côtés des Républicains pendant la guerre civile et lors de la prise du Pays Basque en 1937 par les forces franquistes, une répression féroce s’abattit sur les prêtres basques. Cela prouve encore une fois que l’Eglise espagnole ne se trouve, et ne se trouvait, que d’un seul côté, celui des franquistes.

L’Espagne a toujours des problèmes avec son histoire et ses mémoires liés au passé de la guerre civile. La découverte et l’ouverture de nombreuses fosses communes à travers toute l’Espagne où sont enterrées des victimes de la répression franquiste prouvent que 70 ans après la guerre civile n’est pas prête de disparaître ni de l’esprit des Espagnols ni du débat politique.

lundi 22 octobre 2007

Guy Môcquet: lire ou ne pas lire...

La polémique actuelle sur la lecture ou non de la lettre de Guy Môcquet commence sérieusement à m’agacer. Nous avions proposé une autre lettre comme celle de Missak Manouchian résitant arménien qui luttait contre l’occupation allemande. Mais ce débat est stérile et stupide. La meilleure des manières d’honorer les Résistants et tous ceux qui sont tombés pour la libération de la France et la fin de la domination nazie en Europe, c’est de ne pas réitérer les erreurs du passé, et donc d’en tirer les leçons. Ce qui n’est pas fait au vu de la situation internationale notamment ce qui se passe au Darfour. Ce n’est pas la lecture d’une lettre qui va changer les choses, l’enseignement de l’histoire lorsqu’il pousse les élèves à réfléchir au présent en apprenant le passé suffit amplement.

On honore le passé lorsqu’on en tient compte au présent et que l’on agit en conséquence.

mercredi 3 octobre 2007

Birmanie : Monsieur Kouchner où est passé votre « droit d’ingérence » ?


La Birmanie a été au centre de l’actualité ces derniers jours, faisant la une des journaux de la presse française. Les grandes manifestations contre la junte en place depuis 1988 suivies d’une répression féroce ont ému la communauté internationale. Mais comme le veut le jeu des médias l’actualité passe et ne dure pas, les manifestants birmans disparaissent peu à peu de nos écrans.
Alors que le gouvernement américain, dans un élan de générosité, s’était employé à emmener une coalition pour renverser le dictateur irakien Saddam Hussein en 2003 et exporter, comme les hamburgers, la démocratie, on ne voit aucune mobilisation semblable pour le cas birman.

Bernard Kouchner, le french doctor, comme on le surnomme, est curieusement peu bavard en ce moment, laissant Rama Yade répondre aux médias sur la situation en Birmanie. Or, il l’avait été un peu plus pour Total pour 25 000 dollars lorsqu’il avait dû réaliser un rapport sur le Myanmar pour l’entreprise française en 2003 (lire l’article du nouvel obs : http://tempsreel.nouvelobs.com/speciales/international/birmanie/20070925.OBS6508/quand_bernard_kouchnertravaillait_pour_total.html ). L’homme de gauche passé à droite après l’élection de mai 2007 milite pour le droit d’ingérence, c'est-à-dire violer la souveraineté d’un état sous certaines conditions, notamment contre l’ensemble des dictatures dans le monde. Il avait approuvé l’intervention américaine contre la dictature irakienne.

Alors Monsieur Kouchner vous qui défendiez ardemment le droit d’ingérence, pourquoi ne le brandissez-vous pas contre la dictature birmane qui est en place depuis des dizaines d’années ?